Les réformes

36 jours sans trêve, on continue!

Une nouvelle fois, la mobilisation ce 9 janvier a été exceptionnelle par son ampleur et son caractère interprofessionnel. Elle s’inscrit dans une mobilisation lancée par la grève depuis trente-sixjours partout en France.

Cette situation démontre le rejet massif et croissant du projet de régime unique de retraites par points voulu par le gouvernement et refusé par la majorité de la population.

La grève et les mobilisations continues depuis le 5 décembre ont contraint le gouvernement à des reculs, et notamment à concéder le maintien de dispositions spécifiques dans plusieurs secteurs et professions. La prétendue universalité de cette réforme n’existe donc plus.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, MNL, Solidaires, UNEF, UNL réaffirment que le projet de régime unique par points conduirait inévitablement au recul des droits à la retraite tant en termes de niveau de pension que d’âge auquel les salarié-es d’aujourd’hui et de demain pourront bénéficier d’une retraite décente.

C’est pourquoi nos organisations appellent,dès demain et dans les jours qui suivent, l’ensemble du monde du travail et la jeunesse à poursuivre et renforcer la grève, y compris reconductible là où les salariés le décident, pour maintenir et augmenter le rapport de force. Elles appellent à faire du samedi 11 janvier une journée de manifestation et de mobilisation massive de toute la population, pour obtenir le retrait de ce projet et l’ouverture de véritables négociations sur l’emploi, les salaires, les cotisations et l’amélioration du droit à la retraite dans le cadre du système par répartition et solidaire et des régimes existants.

Les organisations syndicales CFE-CGC, CGT, FO, FSU, MNL, Solidaires, UNEF, UNL appellent le 14 janvier à une journée de grève et de convergence interprofessionnelle localement dans tout le pays qui s’inscrit dans la continuité d’actions et d’initiatives déclinées sous toutes les formes les 15 et 16 janvier. Elles appellent à réunir partout les assemblées générales pour mettre en débat les modalités permettant de poursuivre la mobilisation dans le cadre de la grève lancée le 5 décembre.

Elles décident de se revoir dès le samedi 11janvier 2020 au soir.Paris, le 9 janvier 2020


Amplifions les mobilisations et la grève jusqu’au retrait !

Les organisations CGT Éduc’action – FSU – FNEC FP FO – SNALC – SUD Éducation – FAEN constatent et se félicitent du niveau des mobilisations et des actions qui ont eu lieu pendant toute la période de fin d’année, il n’y a pas eu de trêve.

Dans différents secteurs, toutes celles et ceux qui sont en grève depuis le 5 décembre sont plus que jamais déterminés à poursuivre la lutte.

Le gouvernement porte la responsabilité pleine et entière de la situation sociale actuelle, il doit arrêter de jouer le pourrissement et retirer son projet de retraite par points.

Le gouvernement communique sur des hausses possibles de salaires des enseignants, sous forme de primes, mais le ministre de l’Éducation n’a donné aucune réponse concrète aux organisations syndicales qui demandent d’ouvrir de réelles négociations sans préalable pour des augmentations de salaire sans contrepartie.

La population est consciente de l’importance des enjeux et soutient toujours majoritairement le mouvement social en cours, malgré les pressions gouvernementales et médiatiques.

Pour amplifier le mouvement et obtenir le retrait de ce projet, nos organisations appellent à faire de la grève interprofessionnelle du jeudi 9 janvier une réussite incontestable, à mettre en débat en assemblée générale la reconduction le lendemain et à participer aux modalités d’actions interprofessionnelles qui auront lieu les 10 et le 11 janvier dans tout le pays.

Paris, le 06 janvier 2020


Compte rendu du Comité Technique Région Académique « Nouvelle Aquitaine »

Une réforme territoriale à marche forcée :
Cette instance nouvellement créée, avait été initialement prévue le 19 décembre à Angoulême. Ceci avait donné lieu à un rassemblement inter-professionnel devant le lycée Coulomb pour accueillir les 3 Rectrices qui ne s’étaient pas déplacées et qui faute de quorum suite à notre refus de siéger, ont reconvoqué ce CTRA ce lundi 6 janvier, mais à Bordeaux !
Une centralisation toujours plus importante :
Les mutualisations de services à l’échelle de la Nouvelle Aquitaine sont une perte d’autonomie pour les académies de Limoges et Poitiers, mises sous tutelle par l’Académie de Bordeaux.
Ceci se traduit par 5 futurs Services Régionaux (multi sites) dévolus à Bordeaux sur les 8 créés, 2 à Poitiers, et seulement 1 à Limoges.
A ceci s’ajoute 2 Services Inter-Academiques (multi sites) sur 4 attribués à Bordeaux, 1, à Poitiers, et 1 à Limoges.
Un renforcement du pilotage de l’encadrement supérieur, des inquiétudes sur l’avenir des postes administratifs :
Cette réforme territoriale est assortie de la création d’un poste de Recteur délégué à l’ESRI (Enseignement Supérieur Recherche Innovation), et à la création d’un poste de SGRA (Secrétaire Général de Région Académique), tous deux basés au Rectorat de Bordeaux au côté de la Rectrice de Région Académique.
En revanche, concernant les personnels administratifs, les engagements de maintien du nombre global de postes à l’échelle des 3 académies, n’excluent pas les redéploiement de postes entre les académies, Limoges étant identifiée comme étant sur-dotée de 20 ETP, alors que Bordeaux accuse un déficit de 60 ETP…
 
Il nous a été précisé qu’il n’y aurait pas de mobilité fonctionnelle ou géographique obligatoire, et que si des situations de mobilité se présentaient il y aurait un accompagnement indemnitaire des agents concernés.
Le hic c’est que nos questions ont fait apparaître que ces engagements, censés tenir lieu de garanties destinées à préserver la sérénité de l’avenir professionnel des agents administratifs, ne sont pas définis dans le temps. Il semble bien qu’ils ne concernent que la période transitoire de la mise en œuvre de cette réforme, d’ici à 2022… quid des postes au delà ?
Pour toutes ces raisons, la FSU et la CGT se sont opposées dès le début à la réforme territoriale de l’Etat et à son cortège de décisions technocratiques de concentration des lieux de décisions, sur fond de métropolisation néfaste à l’aménagement du territoire, au détriment des zones rurales, des populations les plus fragiles et les plus isolées.
 
Les représentant·es de la FSU et de la CGT, après avoir porté offensivement la parole des personnels, ont été les seul·es à voter contre les 3 arrêtés rectoraux de création des 3 Directions Régionales, officialisant la mise en œuvre administrative de ces décisions que nous avons contestées durant ce CTRA.
 
Ceci s’ajoute à l’ensemble des réformes régressives (baccalauréat, voie professionnelle, loi école de la confiance, loi de transformation de la Fonction Publique, gel du point d’indice et faiblesse des salaires..) et surtout au Projet de réforme des retraites qui préfigure une baisse insupportable de nos pensions.

Les Sections Régionales de la FSU Nouvelle Aquitaine et de la CGT Éduc’ation, refusent ces régressions et considèrent que la seule réponse de nos professions doit être la mobilisation très massive des personnels lors des Journées nationales de grève et d’action inter-professionnelles des jeudi 9 et samedi 11 janvier prochain .

Réforme des retraites une vidéo qui simplifie tout…. ou pas :

Bilan de rentrée : les effets de la réforme BLANQUER.

La FSU a assisté à la présentation du bilan de rentrée concernant la réforme des lycées ce mardi 8 octobre :

– Difficultés des chefs d’établissement.
– Éclatement des équipes pédagogiques.
– Fidélité des élèves aux anciennes filières S et ES.
– Enjeu de l’orientation.
– Mise en place des E3C.
– …

Un document à lire ABSOLUMENT.

CR comité de suivi de la réforme Blanquer

 


On appelle ça « valoriser la voie professionnelle »

             Malgré son statut à part et discriminant, la France peut tout de même s’enorgueillir d’un enseignement professionnel qui valorise la culture générale. Mais l’esprit qui guide la réforme de la voie professionnelle semble remettre en question l’ambition d’atteindre un niveau de culture « raisonnable » pour ces élèves qui en sont pourtant les plus éloignés à l’origine.

La réforme de 2009 avait déjà réduit de quatre à trois ans la durée de la formation en lycée professionnel (les deux ans de CAP-BEP auxquels succédaient deux ans de plus pour obtenir le baccalauréat professionnel se transformaient alors en trois années au total, lors desquelles, un diplôme intermédiaire finalisait les deux premières années d’études).

Celle de 2019 prévoit de transformer la seconde de spécialité (mécanique, maçonnerie, secrétariat…) en seconde de détermination professionnelle, privant ainsi les élèves d’un temps fort et précieux de leur formation spécifique. De plus, l’ensemble de la formation verraient son nombre d’heures d’enseignement général et professionnel réduit de manière non négligeable, et ouvrirait la voie à un modèle d’enseignement plus inspiré par les centres de formations pour apprentis (CFA), gouvernés par les principes de souplesse et d’alternance.

Pour l’EPS, il ne resterait des 224 heures annuelles que 210 heures : 2,5 heures par niveau contre 2h en seconde et  3h  en première comme en terminale aujourd’hui.

Enfin, outre la co-animation entre les enseignants du professionnel et du général, un pallier d’orientation (pro ou supérieur) obligerait les élèves à se positionner sur leur parcours à venir.

En plus d’une réduction des postes d’enseignants à laquelle conduit inévitablement ces mesures, les élèves se verraient quant à eux plus tôt contraints de « choisir » leur destinée, scolaire ou professionnelle. Dans quelle mesure serait-ce un véritable choix alors que l’on sait que certains jeunes décident sur le tard de prolonger leur scolarité dans le supérieur.

Dans un article publié récemment[1], deux sociologues montrent que les familles des classes populaires aspirent à ce que leurs enfants continuent leurs études parfois bien au-delà du CAP ou du BAC. La protection que cette situation assure face à la violence du monde économique ainsi que l’accès à un plus haut niveau d’instruction et de culture constituent deux arguments de poids de ce processus. Les deux auteurs montrent en outre que l’histoire des sociétés occidentales se construit progressivement sur une économie de la connaissance à laquelle les réformes successives semblent toujours tourner le dos.

 

Romuald PAPOT, Prof d’EPS LP Réaumur POITIERS

[1]. Stéphane Beaud & Mathias Millet, « La réforme Macron de l’université », La Vie des idées , 20 février 2018.


Déclaration liminaire CGT Educ’Action-SNEP-FSU au CTA du 19 juin 2018 :

La réforme des lycées inquiète : orientation, pré-requis, suppression d’enseignements d’exploration, choix de spécialités… Ajoutons à cela la fusion des académies, et la réforme de la fonction publique, autant de sujets sur lesquels il faut rester vigilants.

La CGT Educ’Action et le SNEP-FSU font part de toutes ces inquiétudes à M. Le Recteur dans une déclaration liminaire lors du CTA du 19/06 (cf. ci-dessous).

En ce qui concerne plus spécifiquement l’EPS : « La suppression des enseignements d’exploration EPS en 2nde et des options de compléments en 1ère et terminale, couplée au refus de proposer l’EPS comme enseignement de spécialité, au prétexte de choix d’orientation  trop contraints, ne sont pas acceptables. L’EPS, voie singulière de réussite scolaire, est particulièrement importante pour les nombreux jeunes qui projettent de s’orienter en STAPS. Ils seront immanquablement confrontés à la logique des pré-requis, dont font partie la formation et la pratique sportive développée durant leur parcours. Il y a donc là une incohérence que nous dénonçons.  C’est pourquoi nous serons particulièrement attentifs au maintien de toutes les options facultatives EPS et à leur développement équilibré sur le territoire. A ce titre, Monsieur le Recteur, les arbitrages que vous prendrez sur le pilotage de cette carte des enseignements de spécialité seront déterminants. »

Déclaration Liminaire CTA 19/06


Mobilisation contre le rapport Mathiot du 06 février 2018

Devant le Rectorat aujourd’hui, lors de l’action de Grève intersyndicale du 06/02, contre la réforme du lycée, celle du BAC et pour exiger d’autres conditions budgétaires pour la Rentrée 2018.

Une soixantaine de personnels se sont réunis, bravant le froid, pour exprimer leur désaccord et leur mécontentement.

S’il y avait eu autant de manifestantes et de manifestants que de flocons de neige, le rapport Mathiot aurait été mis au congélo !

En Mars, espérons que l’arrivée du printemps permettra d’élargir la nécessaire mobilisation !

Pour y voir clair en EPS dans le lycée des années 2020 :

Que seront le Bac et le lycée dans les années à venir ? A l’heure où l’on écrit ces lignes, nous n’avons aucune information officielle. Depuis longtemps le SNEP défend simultanément 3 objectifs pour le lycée : Augmenter les horaires obligatoires, pour toutes et tous, permettre aux jeunes de se construire une voie de réussite scolaire dans le champ des APSA, et une évaluation « pratique » aux examens.

L’EPS et l’obligation scolaire : un atout pour l’accès à la culture et la promotion des principes favorisant la santé publique des jeunes.
Le SNEP a toujours considéré que l’EPS et le Sport Scolaire pouvaient constituer une voie originale d’accès à l’autonomie et à la réussite scolaire.
Le lycée est le temps de l’approfondissement et d’une forme de spécialisation en fonction de ses choix, ses goûts, ses désirs. Dans ce cadre, proposer des enseignement approfondis, doit faire partie des perspectives, en complément de l’enseignement obligatoire. Or, actuellement les options jouent un peu ce rôle. Mais elles touchent un nombre trop réduit d’élèves et sont insuffisamment valorisées dans l’obtention du diplôme de fin d’études.

Les options EPS, un dispositif à défendre et à développer : Il est probable que cela change, mais pas dans le bon sens. Nous ferons le maximum pour défendre et développer les options EPS, en lien avec les JO Paris 2024 notamment, mais ne nous leurrons pas, elles seront violemment attaquées. Car contrairement à ce qui est affirmé par le gouvernement, la question de la réduction des coûts est le pilote principal de cette réforme, comme pour toutes les réformes scolaires de ces dernières années. C’est la diminution du nombre d’heures de cours, donc d’enseignants pour les encadrer, qui est visée. Les lycéens et lycéennes n’auraient plus que 27 heures de cours en tout contre 29h30 aujourd’hui.
D’autre part, les sections sportives sont des lieux de mixité sociale, à privilégier, et à conserver.
Notons que cette réforme avance « masquée » sans qu’aucun bilan sérieux de la dernière réforme du lycée n’a été fait. Nous interviendrons pour maintenir les dispositifs EPS qui fonctionnent et qui sont des vecteurs reconnus de réussite scolaire et sociale.

Un lycée modulaire qui « file à l’anglaise » : Le SNEP le dit tout net, n’est pas pour un lycée à la carte, dit modulaire dans la novlangue, d’inspiration anglaise. Il favorise toujours plus les meilleurs élèves, développe la concurrence entre établissements, et au final favorise l’essor du privé. Nous demandons la construction d’une voie d’’approfondissement autour des APSA, car notre discipline a un prolongement universitaire, les STAPS, qui intègrent les sciences, les lettres, et les langues, etc…Filière fortement attractive, s’il en est, pour nos élèves de lycée.

Majeures/Mineures : la ritournelle de l’annualisation des services sur fond de localisme, qui accélère les clivages et les inégalités entre les élèves et entre les territoires :
L’Idée du lycée modulaire n’est pas nouvelle. Mais sous couvert de laisser le choix à toutes et tous, on va créer des clivages et des inégalités, à l’avantage des élèves des milieux sociaux les plus favorisés et des territoires les moins isolés et les plus « riches », qui pourront offrir un maximum d’enseignements différents, dans le cadre des différents dispositifs locaux qui émergeront. Toute cette démarche légitime l’abandon de la démocratisation du système éducatif.
Puisqu’il semble que l’on s’oriente vers la qualification de disciplines « majeures » ou « mineures » au choix de l’élève pour le Bac, alors l’EPS doit pouvoir être choisie comme « majeure ».
Nous avons 3 sources d’information, la presse , les Compte Rendu d’audition , l’expression de tel ou tel … mais ni de Blanquer, ni de Macron
Ce qui se dégage avec beaucoup de flou : Difficile de distinguer ce qui est de l’ordre du BAC ou de la scolarité (Rien sur le Bac pro et Bac Technologique).

Ce qui se trame pour l’EPS et le Lycée, et ce sur quoi nous devons être collectivement vigilant :
Bac modulaire avec EPS dans le tronc commun jusqu‘en terminale. Ceci est l’assurance de rester une discipline obligatoire, pour toutes et tous. A ce stade il reste encore à déterminer sur quel horaire. (Les 2h actuelles sont pour nous un minimum, mais dans un contexte d’augmentation de la sédentarité des jeunes, nos disons qu’il est nécessaire d’aller vers les 3h).
Ensuite choix de 2 majeures (discipline fortes) dont l’EPS ne fait pas partie + 2 mineures + encore 2 majeures + tronc commun
NB : entre majeures et mineures c’est le volume horaire qui va être modulé.
En Seconde : 1er semestre tronc commun, 2ème semestre l’élève choisit quelques discipline puis changement possible en 1ere ou pas .
En première : Ensuite choix de 2 majeures (discipline fortes) dont l’EPS ne fait pas partie + 2 mineures + tronc commun qui se réduit.
En terminale : à l’issue du 1er semestre 2/3 des notes seraient déjà entrées pour parcours sup ( on fait quoi le reste du temps ) . C’est donc le sup qui dirigerai les contenus
L’évaluation certificative et examen BAC : 4 épreuves + un grand oral ( encore très hypothétique )
Des épreuves ponctuelles pour habituer les futurs étudiants aux modalités d’éval.
+ des modules annexes / investissement de l’élève dans son bahut CVL, délégué, AS…

Le Calendrier des opérations à venir : pour nous ce sera un calendrier de mobilisation !
4 janvier 2018 : Rapport Mattiot , fin mars le ministre Blanquer dit vouloir trancher
Rentrée 2018 : Expérimentation des tentatives de projet ( des essais )
Rentrée 2019 : Mise en place ( Recul d’un an sous couvert d’expérimentation )

Claire Machefaux et Christophe Mauvillain