Les courriers

Lettre ouverte à M. le Recteur : Le gouvernement attaque la fonction publique en supprimant le paritarisme

Ce sont des annonces qui ne seront pas sans conséquence : « Dans le cadre du chantier « dialogue social » de la concertation « Action Publique 2022 », le gouvernement a présenté aux organisations syndicales un projet de suppression du paritarisme afin, prétend-il, de faciliter une « déconcentration managériale » de la Fonction Publique. Après les ordonnances qui ont cassé le droit du travail, ce gouvernement attaque la Fonction Publique… »

Retrouvez ci-dessous le texte intégral du courrier adressé à M. le Recteur, conjointement avec la CGT Educ’action.

Déclaration liminaire CTA du 28/05/2018


Déclaration liminaire FSU / CGT Educ’action : CTA du 28 mai 2018

En début de CTA, le SNEP et la CGT ont fait part à M. le RECTEUR  de leur inquiétutde concernant le projet de «déconcentration managériale» du gouvernement, qui pourrait mettre à mal le paritarisme au sein des commissions académiques.

Déclaration liminaire CTA du 28/05/2018


Budget des lycées : la région impose la disette

Depuis que les lycées et les lycées professionnels de l’académie de Poitiers sont sous l’autorité de la région Nouvelle Aquitaine, les budgets se calculent à coup de soustractions (lire la suite)


Déclaration liminaire FSU / CGT Educ’action : CTA du 17 octobre 2017 

Madame la Rectrice

Mesdames et messieurs,

A l’heure où une revalorisation des carrières et des salaires des fonctionnaires s’impose, leur pouvoir d’achat est à nouveau bloqué : CSG, gel du point d’indice, calendrier de mise en œuvre du PPCR, jour de carence, suppressions de postes…

Ces quelques mesures non exhaustives en direction des fonctionnaires, alors qu’un assouplissement de l’ISF est programmé ne laissent aucun doute sur l’orientation libérale de la politique du nouveau Président et  sur  ses conséquences sur, la crise du recrutement dans l’éducation qui ne peut que s’aggraver.

Le sévère avertissement de la journée de grève et de manifestation, massive et unitaire, du mardi 10 octobre n’a pas été entendu par le gouvernement. Ce mépris ne restera pas sans réponse.

Les nouvelles modalités de déroulement de carrière entrent en application dès cette rentrée pour les enseignants, les CPE et psy EN. Nous serons particulièrement attentifs à ce que la mise en place des nouveaux rendez-vous de carrière conduise à une évaluation permettant d’établir un dialogue serein entre évalués et évaluateurs. Nous serons aussi particulièrement vigilants, comme nous l’avons toujours été, pour que l’égalité de traitement soit effective entre les personnels pour l’attribution des promotions.

Dans le premier degré, les annonces médiatiques du ministre insécurisent. C’est de sérénité dont l’école a besoin, pas de politique éducative qui oscillent au rythme des alternances politiques. Dans l’académie, cette rentrée est marquée par le recrutement de contractuels. Nous avions exprimé notre désaccord en CTA sur la possibilité de recruter des personnels qui ne bénéficieraient pas de formation. A la fois la précarité s’installe dans les écoles et fragilise encore la qualité du service public. La priorité au primaire ne doit pas être un slogan mais une assurance donnée à l’école d’avoir les moyens de sa réussite notamment en formant ses enseignants.

C’est dans cette même logique que nous interrogeons à nouveau la formation continue : de belles annonces, sans doute de la volonté mais dans les faits dans cette académie, ce sont une majorité de professeurs des écoles qui n’ont pas bénéficié de stages de formation à l’offre depuis plus de 15 ans. Nous savons madame la Rectrice que vous êtes consciente du problème et que vous avez à cœur d’y remédier mais la réalité est tout autre et cette année encore seuls quelques-uns pourront prétendre à réinterroger leurs pratiques. La formation magistère n’est qu’un pansement sur une jambe de bois. Quant à obtenir une formation dans le cadre du Compte Personnel de Formation, cela relève du parcours du combattant. Nous vous alertons car cela constitue un droit et ne pas y avoir accès relève d’une grave anomalie.

Dans le second degré, la rentrée est loin d’être techniquement réussie !

Certains enseignements ne sont pas assurés à ce jour faute de personnel. Le secrétaire général du rectorat a lui-même reconnu cette difficulté dans la presse. Les perspectives de remplacement paraissent bien compromises du fait de la nomination sur supports provisoires des TZR dès juillet, des contractuels dès la rentrée. Le solde de 22 divisions supplémentaires créées en collège et de 3 en lycée par rapport au budget prévisionnel de janvier a eu des incidences négatives sur les affectations et compléments de service. Nous attirons votre attention madame la Rectrice sur ce calibrage, réalisé en dessous des besoins de l’académie et appelons à la vigilance pour la préparation de la prochaine rentrée.

Le décalage observé et subi par les personnels reste croissant entre les attentes affichées, les ambitions nobles et la réalité, celle des moyens en particulier : les effectifs des classes restent très lourds dans de nombreux établissements, les lycées en particulier ; la prise en compte des élèves à besoins particuliers et de l’inclusion reste un défi à relever dans des conditions d’exercice du métier trop défavorable. La réforme du collège dont nous demandons toujours le retrait, même avec un simple assouplissement s’accompagne toujours et encore de pressions sur les équipes, en matière d’évaluation par exemple.

Eu égard à la carte des formations, les lycées professionnels sont une nouvelle fois la cible de nombreuses suppressions de divisions. Ils restent encore une fois la variable d’ajustement des équilibres budgétaires. L’orientation fait fi du devenir d’un grand nombre de jeunes.

 

La Région , avec l’appui du Rectorat, en favorisant l’apprentissage, renonce donc à une politique de formation ambitieuse, à la garantie des moyens de l’émancipation des jeunes en s’aveuglant au simple prisme d’une employabilité immédiate.

 

L’expérimentation ProFan s’est imposée dans les LP à l’insu des personnels. Votée ou présentée à la hussarde lors de CA de juin, de nombreux collègues se sont retrouvés dans l’obligation de son application, contraire à leur assentiment. Ils deviennent alors les exécutants de contenus et d’activités pédagogiques qui sont à l’opposé de la liberté pédagogique.

 

En collège, la mise en place dispositif « devoirs faits » avec des moyens quasi inexistants risque de devenir une coquille vide. Le recrutement de personnes en service civique ne permettra pas d’apporter l’aide aux élèves et restera au rang de la communication et de l’affichage.

 

Concernant la situation des contrats aidés, si la FSU et la CGT Educ’action dénoncent la précarité de ces contrats, ces personnels assurent des missions essentielles et méritent un traitement respectueux à commencer par leur temps de travail. Aucun personnel en CUI avec un contrat de 20h ne doit travailler 24h.

 

Nous restons attachés à sauvegarder les missions du service public sur l’ensemble du territoire et à proximité de l’usager. Les politiques de nos conseils départementaux, notamment en Charente, sont inquiétantes. Nous attendons du rectorat une attention particulière sur la question de la ruralité.

 

Pour les personnels administratifs, nous dénonçons  les suppression  de postes annoncées dans le budget 2018. Toutes les mesures sur les concours et les carrières doivent être maintenues.

 

Nous tenons à vous faire part qu’un profond malaise de la profession.   Les tâches  exercées par les gestionnaires d’établissements de petite taille sont de plus en plus lourdes dans les domaines de la gestion, de la comptabilité, mais aussi de la sécurité des établissements, tâches dont ils ont en grande partie la responsabilité et qui sont aujourd’hui de plus en plus complexe à mettre en œuvre.

Plusieurs sont au bord de l’épuisement et réfléchissent à changer de profession. Ils souhaiteraient que le rectorat soit attentif à leurs remarques notamment sur les pressions hiérarchiques.

 

Les secrétaires de direction ont aussi exprimé les difficultés rencontrées, particulièrement dues à un manque cruel de formation sur les nombreux logiciels mis en place pour lesquels ils doivent se former souvent seuls et dans l’urgence.

 

Un Service Public efficace nécessite que les agents soient respectés dans leur professionnalité, soient correctement rémunérés, et que leurs conditions de travail soient améliorées. Là est la voie d’un Service Public du vingt et unième siècle, pas dans la réduction à tous crins des dépenses publiques et sociales.